
Si le titre du nouveau film de Simone Massi signifie littéralement “les nuages, les mains”, il a été traduit par Des nuages au bout des doigts. De toute évidence, les mots sont à la peine pour dire ce qu’exprime ce film d’animation dont le trait évoque les stries des gravures à l’eau-forte.

Dans une ville imaginaire, un gros homme dort toute la journée. Sa femme s’active à ses côtés, mais rien ne semble pouvoir perturber le sommeil éternel de son mari. Un beau troubadour de passage provoquera sans le savoir la fin de cette situation mystérieuse.

Artiste explorateur polymorphe, Till Roeskens construit méticuleusement depuis quelques années des “plans de situation”, destinés à révéler des fragments de monde à travers les chemins empruntés par les humains qui les peuplent.

Sofija et Miroslav, un couple d’origine serbe qui réside en France avec ses enfants reçoit un courrier du ministère de l’Intérieur. L’homme ne parle pas le français. C’est donc sa femme qui va lire la lettre, et lui en traduire le contenu. Il s’agirait d’un dossier à compléter pour régulariser leur situation. Car Sofija et sa famille vivent en France, sans papiers.

Une cabine téléphonique sonne en bord de mer. Une jeune fille, intriguée, délaisse ses amis pour décrocher le combiné; une femme pense parler à sa fille. C’est d’abord, pour l’adolescente, une farce. Et c’est peu à peu, tandis que tombe la nuit, un rôle qu’elle endosse réellement, voix réconfortante pour cette femme dont on comprend qu’elle n’a plus de nouvelles de sa fille depuis longtemps.