
En 1991, le Festival International du Film de Locarno créait les Léopards de Demain, section compétitive entièrement consacrée aux courts et aux moyens métrages et réservée aux jeunes auteurs indépendants ou aux étudiants des écoles de cinéma n’ayant pas encore tourné de longs métrages. Nous avons questionné Chicca Bergonzi, longtemps animatrice de la section et Alessandro Marcionni qui lui a succédé.

Filmer le déchirement, la dislocation d’une famille n’est rien de facile. Si le thème est commun, et a pu se prêter ici et là a une foule de traitements divers, la tâche n’est pas rendue plus aisée de traduire visuellement ce que constitue l’éclatement de l’unité que l’on veut voir dans ce qu’il est ordinaire d’appeler le noyau familial.

Le plus réussi du précédent film de Laurent Cantet, Tous à la manif, tenait sans conteste à ce qui se jouait dans les rapports entre le père, patron d’un bistrot, et son fils, qui faisait office de garçon de café. Cette situation qui imbriquait un lien familial lourd d’un arriéré de non-dits et la relation professionnelle d’un patron avec son apprenti, se fracturait par l’intrusion des jeunes en grève d’un lycée voisin.