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2012-02-28

Des Césars peu représentatifs pour le jeune cinéma

On est rarement d'accord avec les choix des César en matière de "jeune cinéma", mais cette année, les votants ont fait fort…
Le trophée du meilleur premier film – qui ne s'appelle hélas toujours pas “meilleur premier long métrage" – proposait pourtant deux remarquables candidats, Angèle et Tony d'Alix Delaporte et 17 filles de Delphine et Muriel Coulin (dans les deux cas des réalisatrices passées par le court métrage). Et c'est Le Cochon de Gaza, profitant sans doute pleinement du fait que le DVD figurait dans le coffret envoyé à chaque votant, qui a été sacré. Nonobstant le fait que ce film soit un assez net ratage, toujours caricatural et outrancier, il n'illustre de surcroît que très mal ce qu'est la nouvelle génération du cinéma français, au contraire des deux premiers longs cités ci-dessus, qu'on aurait préféré voir couronnés. Angèle et Tony ayant d'ailleurs permis à ses deux acteurs principaux de décrocher les statuettes des meilleurs espoirs, il eût été logique qu'il remporte aussi le César du premier film, mais, une fois de plus, allez comprendre !
Concernant la catégorie court métrage, L'accordeur d'Olivier Treiner a été distingué, donc à travers lui la tendance inépuisable du film à chute – certes plus sophistiqué que la moyenne dans ce cas-là… Dommage pour le très beau Un monde sans femmes de Guillaume Brac, qui lui aussi représente plus fidèlement ce qu'est le haut du panier de la prodution française de court ou moyen métrage… Tant pis, Un monde sans femmes est toujours en salles et se construit malgré tout une jolie trajectoire…
On espère que l'année prochaine, le choix sera moins discutable, le beau "Louise Wimmer" de Cyril Mennegun, sorti début janvier, se pose déjà comme un lauréat crédible…

Publié par Christophe Chauville | Catégories : actualités
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2012-02-06

Western

Si le court métrage est en soi un genre à cause de son format, il aborde à peu près tous les univers. Un genre est pourtant largement sous représenté, au moins en France : le Western. Bien sûr on citera le brillant contre-exemple (Palme d’or du C.M. de fiction à Cannes, Oscar à Hollywood) de La rivière du hibou, de Robert Enrico… mais le film a 50 ans ! On le trouve en DVD (M6 Vidéo) depuis 2007 mais les amateurs auront bien du mal aujourd’hui à trouver des court-métrages de western en DVD.

Côté long métrage par contre l’actualité est animée par la sortie en DVD et en Blu-ray de 2 westerns emblématiques des années 60 : The unforgiven (Le vent de la plaine, J. Huston, 1960) et Bandolero (A. Mc Laglen, 1968).



The unforgiven est assez méconnu : flop financier, accablé d’ennuis lors du tournage au Mexique (poussière, bandits, pas de contrôle de rushes car le labo était en Angleterre !), le film est pourtant une pépite. Le ressort dramatique retourne La prisonnière du désert de Ford : ce sont les indiens qui veulent récupérer Rachel, une jeune fille (Audrey Hepburn) enlevée et élevée par des fermiers blancs. Mais quand son origine est connue, les blancs la rejettent, à part ses frère et mère d’adoption -Burt Lancaster et Lillian Gish. Fille d’une baronne hollandaise et d’un banquier anglais, Hepburn fait une Kiowa adorable, émouvante.
Cette parabole contre le rejet de l’autre recèle quelques scènes mémorables : les vaches sur le toit de la ferme, Lillian Gish jouant du piano à queue pour répondre aux chants de guerre, Rachel tuant son frère indien… comme est mémorable la musique de Dimitri Tiomkin.
Techniquement, cette édition pâtit de la qualité des éléments disponibles : image assez granuleuse, basses lumières souvent bouchées, son mono d’origine ; les copies 35 n’étaient pas meilleures (le blu-ray reflète bien ce qu'on voyait en salle dans les années 60) mais plus d’effort de restauration numérique aurait pu améliorer les choses (serait-ce légitime ?).
Par contre les bonus éclairent avec intelligence le film et son contexte (interviews de Patrick Brion, Suzanne Liandrat-Guigues, Gilles Laprévotte et François Guérif).

Loin d’être un film mineur, The unforgiven mérite d’être redécouvert.



Bandolero est à priori moins grave : tout le début où Mace Bishop (James Stewart) sauve son frère Dee (Dean Martin) et sa bande de la potence en prenant la place du bourreau est assez jubilatoire (il en profite au passage pour cambrioler la banque là ou son frère avait échoué). Enlevant au passage Maria (Raquel Welsh), veuve d’une victime, le gang Bishop tente d’échapper au shérif Johnson (George Kennedy) en traversant le territoire des terribles bandoleros mexicains. Mais le shérif est amoureux de Maria.
En fait Mc Laglen nous amène doucement à une réflexion sur la violence inexpiable. Dee était chez les tueurs sudistes de Quantrill, Mace dans les colonnes infernales de Sherman en face, ce passé les hante. Ils finiront tous deux sous les balles des bandoleros. 10 ans plus tôt l’un ou l’autre aurait survécu, on est maintenant au crépuscule du western, La horde sauvage viendra l’année suivante.

Visuellement, Bandolero n’a rien de crépusculaire, particulièrement dans la version Blu-ray. Un peu de grain, des poussières sur le négatif qui apparaissent en blanc dans quelques scènes de nuit, mais globalement l’image est carrément solaire. Elle est aussi très précise. Le son DTS-HD n’abuse pas des effets stéréo (l’original était en stéréo 4 pistes) mais il est très propre et valorise l’excellente partition de Jerry Goldsmith.
En bonus, une pertinente interview de Patrick Brion et en tout un western qu’on ré-estimera avec plaisir.

Au delà de leur contexte Western, les deux films portent des thèmes riches et graves, transposables dans notre société, qui peuvent nourrir la réflexion de tout cinéaste.

Publié par Guy-Louis Mier | Catégories : livres
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2012-02-03

Les chiffres 2011 de la vidéo

Selon le Syndicat de l'Édition Vidéo Numérique, le marché de la vidéo - DVD, Blu-ray et VOD - en France en 2011 a connu une baisse de 2,7%, à 1,49 milliard d’euros.
En cause pour le SEVN : une offre de nouveautés moins riche et de la persistance du piratage
Plus que la VOD, les supports physiques sont les plus touchés avec une baisse de 9%.
Toutefois, avec plus de 10 millions de disques vendus en France, le Blu-ray a crû de 20% et représente 16% du chiffre d’affaires du marché physique, soit 210 millions d’euros contre 12% un an auparavant.
Avec plus de 20 000 programmes dont plus de 6500 films disponibles légalement, le marché 2011 de la VOD atteint 230 millions d’euros, soit une hausse supérieure à 50% par rapport à 2010.

Malgré la baisse, les revenus de la vidéo restent supérieurs à ceux des salles de cinéma.

Compte tenu des coûts de fabrication, et notamment des frais de licence, le Blu-Ray est quasi accessible au court métrage, contrairement au DVD. Ce dernier n'offre pas de HD, contrairement à la VOD : celle-ci vous semble-t-elle une bonne alternative à la projection en salle pour une diffusion de qualité ?

Publié par Guy-Louis MIER | Catégories : actualités
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2012-02-02

Tournage argentique : bientôt un souvenir ?

Juste après que Kodak USA se fut placé sous l'article 11, une procédure américaine plus souple et protectrice que nos dépots de bilan et autre règlement judiciaire, Kodak France faisait savoir que la France et les autres filiales ne sont pas concernées et que le business continuait "as usual". Le redressement de la maison mère passe quand même par la vente pour près d'un milliard de dollars d'un énorme portefeuille de brevets et on peut s'interroger sur l'utilisation de ces brevets par les filières s'ils n'appartiennent plus à Kodak.
Plus de 80% des produits Kodak sont issus aujourd'hui du munérique et le florissant secteur Impression-arts graphiques est très représentatif de cette mutation. Le secteur cinéma argentique (les pellicules 35 et 16mm) fait donc un peu figure de survivance, malgré les efforts pour en améliorer les qualités. On peut se demander si l'on pourra encore tourner longtemps sur pellicule (notamment sur pellicule Kodak, Agfa s'est depuis longtemps replié sur l'industrie graphique et l'imagerie médicale) à l'heure d'une numérisation générale du cinéma (plus de 3800 écrans déjà équipés et la mutation s'accélère, qualité des nouvelles caméras numériques tant en résolution qu'en dynamique et colorimétrie).
Une chance pour Fuji ?

Publié par Guy-Louis MIER | Catégories : actualités
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2012-01-12

La Grande Illusion : renaissance


La Grande Illusion ? Un film mythique, une vache sacrée, un incontournable de l’histoire du cinéma… finalement peu connu aujourd’hui : quelques passages épars à la télévision, le souvenir pour les pré-soixante-huitards d’une copie 16mm rayée au ciné club du collège.

En collaboration avec la Cinémathèque de Toulouse, Carlotta et Studiocanal redonnent vie au chef d’œuvre de Renoir grâce à une restauration en 4K du négatif original. Un négatif confisqué par les nazis en 1940, récupéré dans les ruines de Berlin par les soviétiques, conservé comme « film-trophée » par le Gosfilmofond qui le donnera à la Cinémathèque de Toulouse dans les années 70.

En 1997 une première restauration rétablissait la version originale et générait un marron de conservation et des éléments de tirage film. La nouvelle génération repart du négatif nitrate, scanné en 4K par le laboratoire L’Immagine Ritrovata (Bologne), restauré et étalonné numériquement. Le négatif son a été lui aussi scanné puis restauré.

Le résultat sur un DCP 2K est bluffant. Seul le son reste daté « son optique des années 30 », avec une bande passante et une dynamique limitées, mais il est très propre. L’image est… quasi parfaite, à la fois contrastée et riche en nuances, moderne. Cette capacité d’une image N&B bien restaurée à revivre et à porter de l’émotion illustre bien ce qu’il aurait fallu faire dans la série Apocalypse de Costelle et Clarke au lieu de colorisations imbéciles –et techniquement pitoyables malgré les prétentions de leurs auteurs.

Fresnay, Gabin, Dalio, Carette, Von Stroheim, Parlo prennent une présence et une force qui par moment serre la gorge.

Une restauration en 2K aurait-elle été inférieure ? Ce n’est pas certain : le grain est bien reproduit sur le DCP 2K (il est surtout visible sur les plans en fondu enchaîné) et les pellicules et optiques de l’époque avaient une résolution inférieure à cette norme. Toutefois le scan 4K assure une restitution des micro-contrastes maximale.

Cette restauration 4K constitue un élément de sauvegarde de la meilleure qualité possible pour le moment, sa pérennité est assurée par un retour sur film (on connait la stabilité des pellicules N&B d’archivage).

Si vous ratez la sortie en salle (*), le film sort en Blu-ray le 21 février dans la « Studiocanal Collection ».

(*) Paris : Nouveau Latina / Champo / Mac Mahon.
Bordeaux / Lyon / Tours / Strasbourg / Lille / Rennes / Aix / Montpellier / Amiens
Copies 2/3 DCP, 1/3 argentique

Publié par Guy-Louis Mier | Catégories : films
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