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2010-01-27

Jeanne pixelisée



Publié par Rodolphe Olcèse | Catégories : événement
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2010-01-22

César 2010

Bien sûr, on a l'habitude...
Bien sûr, on s'en fout un peu...
Mais découvrir que ni Adieu Gary de Nassim Amaouche ni Au voleur de Sarah Leonor n'ont été retenus pour les nominations au César du "meilleur premier film", ça nous chagrine un peu...
D'ailleurs, cette catégorie, on la rebaptiserait volontiers "meilleur premier long métrage", ce serait plus juste pour certains...

Publié par Stéphane Kahn | Catégories : billet d'humeur
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2010-01-04

Tarantino samplé...

Découverte grâce aux Cahiers du cinéma de décembre de ces deux vidéos plus que stimulantes où un musicien malin (Knoertz) remonte, assemble et triture quelques plans issus des deux premiers films de Quentin Tarantino.
Comme il l'explique lui-même sur sa page YouTube, tous les sons sont d'origine...

Le "Pulp Fiction Audio Mix" a deux mois, le "Reservoir Dogs Audio Mix quelques jours seulement...




Publié par Stéphane Kahn | Catégories : films
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2009-12-17

Très court métrage

Publié par Rodolphe Olcèse | Catégories : billet d'humeur
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2009-12-15

Les Avatars de la critique

Un contrat moral lie le lecteur d'une revue de cinéma et ses critiques : on parle du film, de ce qu'il y a dans le film. Le critique a toute liberté pour le mettre en perspective, élargir, digresser etc. mais a-t-il le droit moral de l’instrumentaliser à seule fin de mise en valeur personnelle ?

Citation : critique de Avatar par le rédacteur en chef Cinéma de Télérama
Entre 7 et 9 ans, James Cameron était une petite fille : il dessinait des chevaux bleus à six pattes, des arbres à nouilles phosphorescents, des Pocahontas à museau. Ses parents, sans le contrarier, lui disaient : « Tu as beaucoup de goût, Jane » (on suppose qu’il se faisait appeler ainsi). Plus tard, entre eux, ils ajoutaient, navrés : « Beaucoup, mais mauvais. » Quelques décennies plus tard, James Cameron a décidé d’exhumer le Polly Pocket en lui. Son calcul est simple : puisque Titanic avait piqué l’argent des fillettes (une grande histoire d’amour) comme des garçonnets (une maquette géante dans une baignoire glacée), rebelote. Pour ces dames, la faune et la flore multicolores, pour ces messieurs, des scènes de baston à rallonge – et tant pis si les deux se marient moyen. Sachant qu’Avatar est censé réinventer le cinéma, il fallait, aussi, lui donner un semblant de fond, un vague sous-texte : au cœur de cette interminable transposition westernienne (les Cheyennes au fin fond de l’espace), la morale pro-Indiens prendra la forme d’un gros gloubiboulga écolo et d’une exaltation panthéiste crypto-miyazakienne. Les deux sont d’un tel simplisme, d’une telle bêtise qu’on ne craint de vexer aucun croyant (écolo ou panthéiste) en recommandant la fuite ou le fou rire.
Aurélien Ferenczi

Superbe exemple de critique convenue, genre auquel s’adonnent trop souvent certains supports : on sait en gros l’opinion que l’auteur / le journal va défendre, avant de la lire, comme un éditorial de l’Humanité en 1952.

Pour Ferenczi et certains de ses confrères, entre les films et réalisateurs que citent automatiquement les cinéphiles bien-pensants et les autres, la frontière est définitivement étanche. Les réalisateurs semblent appartenir des lignées nobles ou ignobles, donc fréquentables ou infréquentables.
Les nobles sont les vaches sacrées (qui tirerait sur Fritz Lang ?), que généralement d’autres ont déjà consacrés il y a longtemps dans les Cahiers, Positif, voire un bulletin de l’Ufoleis, et bien sûr les copains. C’est une critique Flaubertienne tendance Pécuchet (« Non seulement Jésus est le fils de Dieu, mais il est d’une très bonne famille du côté de sa mère »).
Cameron lui est ignoble, forcément ignoble comme dirait Marguerite D. Comme Emmerich, Jackson, Bay ou tout autre manipulateur de dollars et d’effets spéciaux. Ergo : le King Kong bricolé en 1933 est un chef d’œuvre, King Kong 2005 une daube, et Planète interdite (nanar majeur) enfonce Avatar. Malheureusement un revisionnage dépassionné et méticuleux oblige à reconsidérer le classement à tous égards…

Le problème est que ces avis convenus –on ne saurait parler de critique, il n’y a aucun argument ni analyse factuelle- ne reposent pas sur une lecture d’œuvre, ils expriment seulement l’application quasi pavlovienne d’automatismes, de trames, de filtres littéraires ou politiques mais pas cinématographiques.

Critique inutile alors ? Pour le public oui (beaucoup se désabonnent), mais pas pour l’auteur, qui s’offre la vanité sans risque d’un billet d’humeur. Sans risque ici parce qu’il est rédac-chef de la rubrique cinéma (il ne va pas se virer lui-même), que s’attaquer à un critique est dangereux, que ce feuillet affirme seulement l’appartenance à une chapelle, voire à un sang (noble/ignoble, on y revient) et qu’il s’adresse à cette chapelle. Il s’agit clairement d’article de connivence : le film est un prétexte à se conforter entre soi. « Nous n’avons pas les mêmes valeurs », disent Messieurs Bordeaux-Chesnel.

Pourrait-il en être autrement ?

Pour lire un film il est souvent utile d’avoir des clefs, comme pour lire certaines peintures par exemple. Une lecture naïve peut être pauvre. Certaines de ces clefs sont historiques, culturelles. Elles font partie d’un fond commun, d’une culture « d’honnête homme » qu’un critique comme tout homme ou femme de culture peut aider à rafraichir, voire enrichir.
Reste le problème de la critique spécialisée et de son apport.
A côté du scénario et des références littéraires qu’on plaque banalement dessus, il existe des dimensions proprement cinématographiques comme la subtilité d’un raccord de montage (une image en plus ou en moins signe un style), le jeu sur la profondeur de champ et les glissements de points, la lumière, la spatialisation sonore, les relations son-image, la musicalité d’un montage, et tout le jeu comparatif qu’on peut en tirer sur un plan critique. Le critique spécialisé peut, avec sa culture et ses compétences spécifiques, enrichir la réflexion du lecteur, élargir son point de vue. Son existence se justifie alors pleinement.

Qu’un décorticage étayé n’intéresse pas Ferenczi est légitime à titre personnel, mais en tant que critique de cinéma ? De fait les dimensions cinématographiques qui réclament une analyse fine, voire technique, offrent peu de support à l’exercice favori de certains critiques : parler d’eux même, de leurs valeurs et de leur coterie.

Il y avait pourtant beaucoup à dire sur l’œuvre, ses réussites et ses limites, en tout cas matière à s’interroger sur l’évolution du cinéma (langage, économie, enjeux ), le retour du relief, ses causes et ses limites etc. etc.

Ferenczi passe donc tout cela en silence pour briller comme l'Abbé de Vilecourt de Ridicule (Leconte, 1996) qui prétend par vanité démontrer avec le même brio l’existence ET la non existence de Dieu, négligeant le fond pour le plaisir de la forme et des happy fews. Lui au moins prenait un risque.

Cela n’est pas seulement vain : quand la critique de Ferenczi porte sur l’enfance de Cameron, elle sonne comme une critique de Je suis partout où c’est la nature (la race ?) de l’auteur qui compte et pas l’oeuvre. Toutes les affirmations infamantes (« piquer l’argent des petites filles ») coulent alors de source. On sait où cela mène.

Avec ce film de science fiction, Télérama vient de faire un bond de 66 ans dans le temps. En arrière!

Publié par Guy-Louis Mier | Catégories : billet d'humeur
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